Xe–XIe siècles
Pour raconter l’histoire d’un village, il existe souvent une frontière symbolique : celle qui sépare les traces matérielles révélées par l’archéologie des premières mentions conservées dans les textes. Pour Messimy, cette frontière se situe au Xe siècle.
La commune rapporte qu’en 960, un certain Sobus — ou Sablon selon la transcription — et son épouse Valence donnèrent à l’abbaye de Cluny des biens qu’ils possédaient à Messimy. La donation comprenait notamment des vignes, des prairies et des bois et était consentie pour le repos de leurs âmes.
Cette mention est importante à plusieurs titres. Elle atteste d’abord l’existence, il y a plus de mille ans, d’un territoire suffisamment identifié pour être désigné dans un acte. Elle donne également un aperçu de son économie et de son paysage : la présence simultanée de vignes, de prairies et de bois évoque déjà une organisation rurale diversifiée.
Le lien avec Cluny replace également Messimy dans un réseau beaucoup plus vaste. Fondée en 910, l’abbaye bourguignonne devient au Moyen Âge l’un des grands centres monastiques d’Occident. Les donations de terres et de droits participent à la constitution de son patrimoine et produisent, pour l’historien, une documentation particulièrement précieuse sur les lieux et les sociétés de cette époque.
Quelques décennies plus tard, en 1006, Messimy est mentionné comme chef-lieu d’un ager, c’est-à-dire d’un territoire rural. Ces textes ne racontent évidemment pas toute la vie des habitants. Ils constituent néanmoins les premiers jalons écrits permettant de suivre Messimy à travers le Moyen Âge.
L’archéologie montre que le territoire était occupé bien auparavant. Mais l’année 960 marque une autre étape : celle où Messimy devient visible dans les archives qui sont parvenues jusqu’à nous.